mardi 26 février 2008

Omoshiroi desu ga kowai!

Intéressant, mais effrayant!
Ce matin, pendant le cours de japonais, il y a eu un exercice d'évacuation du bâtiment au Kawasaki International Center.
(D'ailleurs, on nous avait prévenus à l'avance, et demandé d'apporter des mouchoirs. Vous savez, ces mouchoirs dont ils sont si friands, ils en ont toujours (eux!) un sur eux, pour mettre devant la bouche quand ils éternuent, ou bien essuyer le siège du train avant de s'assoier, ou je ne sais quel usage encore).
L'alerte sonne donc, on entend des messages diffusés par haut-parleur dans les salles de cours.
Le message parle de "kaji, kaji" (=incendie).
La prof ne nous traduit pas, mais elle ne bouge pas. Au bout d'un moment seulement (3min peut-être) un nouveau message est diffusé, et apparemment, celui-là nous concerne. J'ai vaguement compris qu'avant, les enfants de la salle de babysitting étaient en train de sortir, donc on devait attendre pour sortir après eux.
Bref, au bout d'un moment, tout le monde se lève tranquillement et traverse à petits pas le hall du centre pour se retrouver dans la grande cour qui se trouve à l'entrée.
Là, tout les autres gens déjà "évacués" se sont regroupés, et des pompiers disent quelques mots, (notamment quel numéro appeler en cas d'incendie: le 119), puis c'est au tour d'une responsable du centre, le tout en japonais seulement (on est pourtant là pour apprendre le japonais, donc on n'est pas censés le comprendre encore!).

Mais bref, passons. L'exercice n'était pas passionnant ni effrayant, mais c'est ce qui est venu après qui a été intéressant.

Les pompiers étaient venus avec toute une série de dispositifs figurant des situations d'urgence comme l'incendie et le tremblement de terre bien sûr, et chacun de nous par groupe, y avons fait des exercices d'entraînement.
Les sexercice concernant l'incendie consistaient pour l'un: à traverser un couloir enfumé; on nous a briefé avant, en nous disant qu'il fallait se couvrir le nez et la bouche avec notre mouchoir (le fameux mouchoir qu'on nous avait pourtant prévenus d'apporter! Eh bien je ne l'avais pas... J'ai utilisé mon écharpe. On ne m'a pas dit si le jour J ça ferait l'affaire ou pas...) et marcher accroupi pour atteindre la zone proche du sol qui est la moins enfumée. Intéressant. D'ailleurs, on pourrait faire faire des exercices comme ça en France, où on est (vous êtes, devrais-je dire ;)) tout autant concernés par les incendies; le deuxième exercice consistait à apprendre à manier une de ces bombes à eau rouges à incendie. Intéressant aussi, on devait essayer de viser un plot, ce que je n'ai pas trouvé difficile, la bombe était légère, donc pas de difficulté de ce côté-là à mon avis. "Mais en cas de vrai incendie, comme a répliqué la prof, on n'a pas toujours toutes ses facultés bien rassemblées...".

En tous cas, l'exercice le plus intéressant et le plus effrayant ("omoshiroi desu ga kowai") a été sans nul doute l'exercice concernant le tremblement de terre. Ca n'avait pas grand chose d'un exercice à vrai dire, il s'agit simplement de monter dans ce camion sur la plate-forme meublée d'une table qui représente une pièce quelconque où vous pourriez être en cas de tremblement de terre, et d'éprouver l'effet que les tremblements de terre de différentes magnitudes peuvent faire.

Je suis montée dans le premier groupe, on nous a mis une magnitude de 5,5 pendant 15 ou 20 secondes, et bien je peux vous dire que ça fait un drôle d'effet! Par rapport aux petites secousses d'amplitude 2 ou peut-être 3 (je ne suis même pas sûre) qu'on a senties jusque-là, ça n'a rien à voir. Avec une magnitude de 5,5, il faut vraiment se tenir à la table pour ne pas tomber! Ca ressemble un peu à un jeu de parc d'attraction!

Au groupe d'après, ils ont mis une magnitude de 7, qui correspond à plus que les fameux tremblements de terre de Kobe en 1995 (6,9 de magnitude) et de Niigata l'été dernier (17 juillet 2007, magnitude 6,6). Et bien là encore plus, je peux vous dire que ça bouge! Un truc est même tombé de la plate-forme, je n'ai pas eu le temps de voir quoi mais on entend le bruit de la chute sur le film et on voit un pompier aller le ramasser.

(Petite parenthèse: je vous laisse aussi apprécier pendant le film les "oh" collectifs typiquement japonais, ici d'ailleurs interprétés par autant d'étrangers que de vrais japonais. Mais ce genre d' "onomatopée", c'est extrêmement contagieux, et on se surprend très vite à les produire aussi fidèlement qu'un japonais).






Ces camions de simulation de tremblement de terre, j'en avais entendu parler mais je n'en avais jamais croisé sur mon chemin. Je suis contente d'en avoir enfin fait l'expérience!



Clo
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