lundi 2 juin 2008

Les gaijins en kimono!



Alors,

je me remets un peu au blog...

Je prépare les photos de Ishigaki, mais pour l'instant je mets des photos encore plus vieilles, qui datent du mois de février je crois, ou mars peut-être.

Tout expat au Japon fait en général ça une fois dans son séjour au Japon: il s'agit d'un essayage de kimono. Il ne suffit pas de se faire prêter un kimono, puisque l'enfilage est difficilement faisable par soi-même, même pour les personnes habituées.
Il existe d'ailleurs des professionnels de l'enfilage de kimono, qui sont en général les coiffeurs.

Nous, c'est encore Yonesawa-san (celle du groupe Koala) qui nous a donné l'occasion de faire cela: c'était un dimanche, dans des salles de cérémonie du thé d'un grand magasin à Kawasaki, prêtées pour l'occasion. Bien sûr, il s'agit de pièces recouvertes de tatamis; deux pièces jumelles séparées par des portes coulissantes. A l'entrée, on enlève donc ses chaussures. Les kimonos étaient prêtés par tous les organisateurs de l'évènement, à savoir Yonesawa-san et ses copines, toutes profs bénévoles de japonais pour les étrangers, à droite ou à gauche. Il y avait une dizaine de kimonos pour femmes, de différentes tailles. Il y en avait aussi pour hommes et pour les enfants, des différents pour les filles et pour les garçons.
Seuls les "gaijin" (=étrangers) étaient invités, et à condition de ne pas avoir déjà participé l'année précédente. Et il fallait réserver tôt pour avoir sa place. Les essayages étant limités par le nombres d'essayeuses et le nombre de kimonos tous deux réduits. Les essayeuses étaient si je me rappelle bien (et si j'ai bien compris!) des amatrices qui apprennent l'art d'enfiler les kimonos. Toutes d'un certain âge comme vous apercevrez sur certaines photos.

Romain n'est pas venu, il a gardé Coline à la maison qui était encore un peu petite pour venir. J'y suis donc allée seule avec Lucile.
On est arrivées assez tôt et il n'y avait pas encore beaucoup de monde.
On est d'abord passées par la séance coiffure, moi puis Lucile.


Puis l'enfilage du kimono. Pour moi, pas tellement de choix: un seul était à ma taille.

(Pour l'anecdote, on m'a fait choisir, en me mettant en avant le bleu à fleurs de lotus. J'en préférais un autre, dans les tons turquoise, que j'ai donc pointé du doigt. On ne m'a rien signifié sur le coup, on l'a préparé, on a même choisi un obi qui allait bien avec, puis une fois tous les sous-vêtements enfilés, et une fois venu le moment de mettre le kimono lui-même, on s'est tortillé dans tous les sens, consulté du regard à deux (l'enfileuse et son aide-accolyte), senti très gêné, et on m'a fait comprendre que celui que j'avais choisi serait peut-être un peu court pour moi, est-ce que le bleu avec des fleurs de lotus de me convenait pas ? ... On m'aurait dit tout de suite que seul celui-là était à ma taille, ç'aurait été plus simple!...)

Il a d'abord fallu choisir les sous-vêtements parmi tout ce bazar, et le obi et la sur-ceinture (mince, j'en ai oublié le nom!) assorties au kimono (et à mes beaux-yeux).







Bien 10 minutes pour enfiler toutes les couches de sous-vêtements, ceintures, chemisettes, etc...
Puis enfilage du kimono (finalement donc le bleu à fleurs de lotus), puis ajustement du obi et de sa sur-ceinture. 5 bonnes minutes pour le gros noeud arrière du obi: deux types de noeuds existent pour les femmes: le noeud plat pour les femmes mariées (qu'on voit le plus souvent dans la rue, parce que ce sont des femmes d'un certain âge qui portent le plus le kimono aujourd'hui) et un gros noeud bien imposant, plein de plis, et bien voyant, pour les jeunes filles. Ah les flatteuses, elles m'ont fait le gros noeud! C'est sur, c'est plus exitant de le porter comme ça!







Me voilà donc en tenue complète, avec mes chaussettes-blanches-mi-gants. Dommage, il n'y avait pas de ghetas (évidemment, on était dans une pièce à tatamis, donc pas de chaussures de toutes manières!).




Une fois ainsi accoutrée, j'ai emmené Lucile (qui restait dans mes jupons, toute timide, et me regardait avec des yeux étranges) se faire habiller à son tour. Ca a été un peu plus rapide pour elle, mais elle avait quand-même aussi deux couches d'habits: le kimono proprement dit, avec sa ceinture aussi (mais moins importante), et la tunique qui va par-dessus.



Très intimidée, elle s'est quand-même bien laissée faire, et a couru une fois habillée se contempler dans la glace en testant toutes sotes de grimaces et en se tortillant dans tous les sens.



Voilà. Après cela, a suivi bien sûr une longue séance de photos, seules, l'une, l'autre, les deux ensemble, avec les appareils de chacun: le nôtre, mais aussi celui de Yonesawa-san, celui de l'habilleuse, et ceux de toute la court d'admiratrices japonaises ou gaijins (mais bridées: chinoises, coréennes, etc...) qui tournait autours de Lucile en ne cessant de s'exclamer "kawaii!! kawaii!".





La photo "officielle" devant l'endroit prévu pour (car les japonais prévoient toujours un endroit pour faire "la" photo, qui sera la même pour tout le monde, mis à part le visage du héro), avec Yonesawa-san (qui portait, Maman, le foulard de soie que vous lui avez envoyé. Elle en est ravie).




Et une photo aussi d'un homme en kimono, et une d'un petit garçon (et sa soeur).




Après deux heures sur place, Lucile et moi sommes sorties (contentes de respirer enfin, on étouffait là-bas dedans) faire quelques courses dans le grand magasin, et étions conviées à revenir une heure plus tard boire le thé, une fois les essayages terminés. Mais j'ai eu la flemme d'y retourner, Lucile commençait à s'exciter et ça faisait beaucoup pour elle.

Yonesawa-san a regretté que Romain et Coline ne soient pas venus, et elle nous a invités à revenir l'année prochaine (même si normalement on n'a le droit qu'à une fois) !


Clo
__________________________________________________________________________________________________________________________________________________