C'est ce que j'ai dit au taxiste hier avec Coline dans les bras.

On était dans un Jidoukan avec une amie et ses deux enfants, et Coline, déchaussée donc en collants sur du plancher-ultra-ciré-sur-lequel-on-glisse-quand-on-est-en-collants, a glissé et s'est cognée sur un bord d'étagère (l'étagère à chaussures...). Elle s'est assez bien ouvert comme vous pouvez le voir tant bien que mal sur la photo. Ca s'est vite arrêté de saigner, et elle n'a pas bcp pleuré, mais la plaie étant assez profonde et béante, je l'ai emmenée quand-même à l'hôpital.
Le personnel du Jidoukan m'a indiqué un hôpital proche dont le personnel parle anglais, et je suis donc partie à 13h30 avec Coline, en laissant Lucile à Théodora.
Arrivées là-bas, à l'accueil on m'a très vite envoyé une interprète qui parlait super bien anglais. Elle a appelé l'infirmière en chef qui ne parlait pas anglais mais l'interprète est restée là pour assurer la traduction. L'infirmière a regardé la plaie de Coline (qui ne saignait plus depuis longtemps), Coline endormie dans mes bras dans l'écharpe de portage; elle a dit qu'il risquait de falloir faire des points du suture, et que dans ce cas il faudrait que j'aille dans un autre hôpital car ils ne pouvaient pas prendre cela en charge ici. Me voilà bien! Elle appelle en plus une série d'hôpitaux des environs et me dit qu'aucun de peut me prendre... Bref, de toutes façcons, dit-elle, elle va me faire voir d'abord une dermato qui dira ce qu'elle en pense.
L'infirmière repart donc et l'interprète me fait remplir toute une série de papiers, qu'elle m'apporte dans mon fauteuil, et elle attend pendant ce temps-là debout devant moi, les pieds joints et les bras le long du corps!
Après ça, elle me donne un petit papier à donner au médecin, et elle m'emmène dans le hall d'attente. Ayant fait l'objet de tant de petits soins depuis mon entrée dans l'hôpital, je m'attends bien sûr à ce que le médecin me prenne tout de suite.
Quelle n'est pas ma déception quand je vois la porte s'ouvrir, et une infirmière appeler "Tanaka-sama"... Puis 5min après, la porte se réouvre, Tanaka-san ressort, et l'infirmière appelle "Taguchi-sama!"... puis c'est au tour de Yamasaki-san, puis de Wakamatsu-san... à ce moment-là, je regarde un peu autours de moi et j'aperçois une télévision avec les numéros en attente pour une consultation au cabinet de la dermato: ils en sont au 34. Je sors alors mon papier, et je vois un gros 39. Ouf, je me dis, plus que 5 numéros, et si ils durent tous juste 5min, ca va vite mine de rien.
Manque de pot, à ce moment-là rentre Kimura-san, qui y restera 40 minutes!
Coline s'est réveillée, et c'est tant mieux parce que ça va me permettre de la sortir de l'écharpe et d'enlever mon manteau, on crève de chaud! Et de lui enlever le sien aussi d'ailleurs, regardez comme elle a les joues rouges!

Donc à partir de ce moment-là, il a fallu l'occuper... pas de jouets dans mon sac, pas d'enfants dans le hall... il faut en plus éviter qu'elle tombe pour qu'elle ne réouvre pas sa plaie...
Donc ça a été une sacré paire de manches.
Un petit film d'elle s'occupant tant bien que mal, et un petit film (1 seconde et demi) du message qui passe en boucle sur l'écran de télé, juste pour vous faire sourire:
(Bon, désolée, ça fait une heure que je me bats pour télécharger la deuxième et j'y arrive pas).
La fin de l'histoire:
après donc un bon temps d'attente, peut-être une heure et demi, j'entends enfin "Gonarou-sama!". Ouf, à moi!
Le médecin, une femme, parlait super bien anglais. Elle m'a pourtant demandé au début "de parler lentement". Alors je lui ai parlé comme à une mongolienne, et elle m'a répondu avec un anglais super fluent!! J'avais pas l'air bête! Ca c'est la modestie des japonais...
Et puis moi, je suis habituée à des japonais qui ne parlent réellement pas bien anglais, et à qui il faut vraiment parler à 2 à l'heure.
Bref, elle a regardé la plaie et l'a juste nettoyée et y a appliqué du "tépou" (pour "tape" en anglais), bref des bandes de scotch strip, et a prescrit des antibio pour éviter une infection.
3 minutes et demi la consultation! Pour ça c'est bien au Japon (je dis ça parce que c'est pareil chez le pédiatre des filles): les consultations sont ultra-express, ce qui fait des temps d'attente pas trop longs en général. Là c'était juste pas de chance pour le Kimura-san qui est resté 40min!
En tous cas, tout est bien qui finit bien, pas besoin de faire recoudre Coline et pas besoin d'aller me ballader dans un autre hôpital!
Je suis rentrée au Jidoukan à 16h30, et y ai retrouvé Lucile qui ne m'a qu'à peine remarquée quand je suis arrivée tellement elle s'amusait avec Aliyah et tous les jouets du jidoukan.
Bilan: une petite expédition de 3 heures à l'hosto, pas de stress, du personnel hyper sympa, Coline pas trop difficile. Et financièrement: 2 fois 800 yens (=2 fois 5euros) de taxi (aller + retour), et une note de 1330 yens (= 8 euros ) à l'hôpital (mais je ne sais pas dans l'histoire ce que ça a coûté à l'état japonais...).
Et puis la cerise sur le gâteau: en rentrant au jidoukan (je rappelle que c'est un centre de jeu municipal gratuit pour les enfants et ado, avec jouets, jeux, ordis, salle et matériel de sport, livres etc), la nana de l'accueil m'a sauté dessus avec un formulaire à remplir et mes coordonnées bancaires à donner. J'ai cru un moment que j'allais devoir payer qqchose! (On s'attend à tout dans un pays dont on ne connaît pas les habitudes). Total, c'est au contraire pour me verser un dédommagement assuré par leur assurance qu'elle me faisait remplir ça! Toute déclaration sur parole, on va me verser 1000yens par visite chez le médecin, soit celle du jour à l'hôpital, et celle de la semaine prochaine quand j'irai la montrer à notre pédiatre pour qu'il veille à la bonne cicatrisation de la plaie.
En tous cas, maintenant Coline va très bien, elle est allée normalement à la crèche aujourd'hui, et s'est simplement couchée tôt ce soir parce qu'on est rentrées tard hier du jidoukan: 20h40. Et oui, c'est à Tokyo, et pourtant direct sur notre ligne de train, mais c'est quand-même loin...
THE END
En prime, quelques photos aussi d'origami qui traînaient sur les bureaux de l'accueil:


Clo
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